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Genté · Grande Champagne Homéospirits
Chronique du domaine

Dernier contrôle de maturité avant les vendanges 2026 : sucres, acidités, azote

2 septembre 2026 6 min de lecture Par Dylan
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Dernier contrôle de maturité avant les vendanges 2026 : sucres, acidités, azote

Sachets de prélèvement, flacons de moût, analyseur : notre dernier contrôle de maturité de l'été fixe la date des vendanges, parcelle par parcelle. Acidité totale, pH, degré potentiel, azote assimilable : ce que ces chiffres disent de nos raisins après la sécheresse 2026, et pourquoi nos baies d'ugni blanc sont roses.

Début septembre à Genté. Les grappes d'Ugni blanc ont pris une teinte rosée, les sachets de prélèvement s'empilent dans le seau et le laboratoire tourne : nous venons de réaliser notre dernier contrôle de maturité avant les vendanges 2026. C'est lui qui fixe la date de la récolte, parcelle par parcelle. Pour nos cépages les plus précoces, la réponse est claire : les vendanges sont imminentes.

L'essentiel

  • Nous vendangeons à l'optimum de l'équilibre entre sucres et acidités, pas à une date fixée d'avance. Des contrôles périodiques, de la véraison à la récolte, nous disent quand ce point est atteint.
  • Chaque contrôle mesure l'acidité totale, le pH, le titre alcoométrique volumique potentiel et l'azote assimilable, sur un échantillon représentatif de chaque parcelle.
  • Malgré la sécheresse qui a fortement marqué la région en 2026, nos moûts affichent des taux corrects d'azote assimilable : de quoi assurer des fermentations spontanées complètes.
  • La couleur rosée des baies d'Ugni blanc n'est pas un défaut : c'est un cépage qui retrouve ses couleurs naturelles d'origine quand on cesse de le « désaisonnaliser » à coups de molécules de synthèse.

Pourquoi contrôler la maturité au lieu de regarder le calendrier

Un raisin ne mûrit pas sur une seule dimension. Pendant que les sucres s'accumulent dans la baie, les acides diminuent, la peau s'assouplit, les arômes changent, les pépins brunissent. Ces courbes ne se croisent pas au même moment d'une année à l'autre, ni d'une parcelle à l'autre. Vendanger « comme d'habitude » revient à parier. Nous préférons mesurer.

Pour un domaine de Grande Champagne, l'enjeu est particulier. Le vin destiné à la distillation doit rester peu alcoolisé et franchement acide : c'est cette acidité naturelle qui le protège pendant les semaines qui séparent la fermentation de la chauffe, puisque l'appellation Cognac interdit de sulfiter ces vins. Le même raisonnement vaut pour nos jus de raisin pétillants HoméoJuices : un fruit cueilli à l'équilibre donne un jus vif, et savoureux.

Trop tôt, le raisin est vert, maigre en arômes et pauvre en sucres. Trop tard, l'acidité s'effondre, les degrés potentiels grimpent et les levures manquent de nourriture. Entre les deux, il existe une fenêtre de quelques jours. Notre travail de l'été consiste à la trouver.

Sur les rangs : prélever un échantillon qui dit la vérité

Grappe d'ugni blanc aux baies rosées tenue en main, sachet de prélèvement pour le contrôle de maturité, Genté
Prélèvement sur pied, sachet par parcelle

Tout commence dans la vigne, et tout peut se fausser dès cette étape. Une grappe cueillie côté soleil, en haut du cep, sera toujours plus mûre que la moyenne de la parcelle. Nous prélevons donc des baies, pas des grappes entières, en variant systématiquement : les deux faces du rang, le haut et le bas de la grappe, l'intérieur ombragé et l'extérieur exposé, les ceps vigoureux et les ceps fatigués. Deux cents baies environ par parcelle, sans regarder lesquelles.

Chaque sachet porte le nom de sa parcelle. Ce détail compte : nos parcelles de Genté ne réagissent pas de la même façon. Une même semaine, l'une peut être prête et l'autre demander encore huit jours. Le contrôle nous permet de les vendanger séparément, chacune à son moment, plutôt qu'en une seule fois pour tout le monde.

Sachets de baies d'ugni blanc étiquetés par parcelle dans un seau, échantillonnage pour le contrôle de maturité
Un sachet, une parcelle, une date

Au laboratoire : ce que nous mesurons, et pourquoi

De retour au chai, les baies sont égrenées, pesées, puis écrasées pour en extraire le moût. Une centrifugation clarifie le jus, et chaque flacon rejoint l'analyseur. Quatre chiffres nous intéressent en priorité.

Baies d'ugni blanc égrenées, vertes, dorées et rosées, avant pressurage pour l'analyse de maturité
Baies égrenées avant pressurage

Le titre alcoométrique volumique potentiel

Le TAV potentiel traduit la teneur en sucres du moût en degré d'alcool que donnerait une fermentation complète : environ 16,8 g de sucre par litre pour 1 % vol. C'est le premier indicateur de maturité, mais pas le plus important pour nous. En Cognac, on ne cherche pas le raisin le plus sucré : un vin de distillation autour de 9 à 10 % vol reste la référence, et un degré trop élevé se paie en finesse dans l'alambic.

L'acidité totale

Exprimée en grammes par litre, elle mesure l'ensemble des acides du moût, tartrique et malique en tête. Elle baisse tout au long de la maturation, à mesure que le malique est « respiré » par la baie sous l'effet de la chaleur. C'est la variable que nous surveillons le plus près : c'est elle qui protège le vin sans soufre, et c'est elle qui donne aux HoméoJuices leur fraîcheur.

Le pH

Le pH ne dit pas la même chose que l'acidité totale : il mesure la force de cette acidité, pas sa quantité. Un pH bas, autour de 3,0 à 3,2, signe un milieu stable, peu favorable aux bactéries indésirables. Un pH qui monte vite en fin de maturité est le signal qu'il faut se dépêcher, même si les sucres semblent encore modestes.

L'azote assimilable

C'est le paramètre dont on parle le moins, et celui qui décide de la suite. L'azote assimilable, ammonium et acides aminés libres, est la nourriture des levures. Un moût qui en manque fermente lentement, s'arrête parfois avant la fin, et produit des composés soufrés désagréables. Nos fermentations sont spontanées. La seule marge de manœuvre, c'est donc le raisin lui-même.

Flacons de moût d'ugni blanc étiquetés par parcelle sur la paillasse du laboratoire, prêts pour l'analyse
Un flacon de moût par parcelle

À ces quatre mesures s'ajoutent le poids des deux cents baies, qui suit l'évolution de la taille du fruit, et, quand c'est utile, le détail acide malique / acide tartrique. Nous notons tout, contrôle après contrôle. Ce sont les courbes qui parlent, plus que la valeur d'un jour.

Seringue de moût injectée dans l'analyseur de laboratoire pour mesurer sucres, acidité, pH et azote assimilable
Injection du moût dans l'analyseur

Sécheresse 2026 : un azote assimilable qui tient

L'été 2026 a été dur pour la région. La sécheresse a fortement marqué les vignobles charentais, et l'un des premiers effets d'un sol sec, c'est une chute de l'azote assimilable dans les moûts : la vigne, en stress hydrique, alimente moins ses baies (la conductivité électrique se coupe ou bien est au ralenti). Beaucoup de caves s'attendent à des fermentations difficiles cette année.

Nos analyses racontent autre chose. Malgré la sécheresse, nos moûts affichent des taux corrects d'azote assimilabe. Nous ne prétendons pas tout expliquer. Mais depuis que nous accompagnons la vigne par l'holohoméopathie, à doses infimes et sans chimie de synthèse, nous observons une plante qui traverse mieux les à-coups du climat : moins de blocages, et cette année, un raisin qui a continué à se nourrir. Nous documentons ces observations saison après saison, dans le cadre d'un domaine pensé comme un tout, où le sol vivant fait une bonne partie du travail.

Pourquoi nos baies d'Ugni blanc sont roses

Grappe d'ugni blanc mûre aux baies roses et dorées, photographiée en contre-jour sous le feuillage, Grande Champagne
Ugni blanc à maturité, teinte rosée naturelle

Les visiteurs le remarquent tout de suite : nos grappes d'Ugni blanc ne sont pas vert-jaune, elles rosissent. Ce n'est ni un autre cépage, ni une maladie. C'est l'Ugni blanc tel qu'il est quand on le laisse tranquille.

Un cépage cultivé sous applications répétées de molécules de synthèse vit un cycle qui n'est plus tout à fait le sien : la plante est « désaisonnalisée à chaque traitement», poussée ou freinée par des produits qui ne viennent pas d'elle. Quand ces applications cessent, la vigne retrouve son propre rythme de production, et avec lui ses couleurs naturelles originelles. À pleine maturité, sur les baies exposées au soleil, l'Ugni blanc se teinte de rose. Les anciens le savaient. Nous le retrouvons.

C'est aussi, pour nous, une validation simple de la démarche. Un fruit non agressé exprime ce qu'il est et d'où il vient : la craie de Genté, l'été qu'il a traversé, le cépage qu'il est. Ce que nous cherchons dans le verre commence par cette couleur sur le rang.

Et maintenant : les vendanges

Pour nos parcelles les plus précoces, les courbes se sont croisées. Les sucres sont là, l'acidité est encore franche, l'azote est correct pour cette année de sécheresse: nous vendangeons dans les tout prochains jours. L'Ugni blanc, cépage tardif, suivra, parcelle par parcelle, au rythme que les prochains contrôles nous indiqueront.

Une partie de cette récolte deviendra vin, puis eau-de-vie, dans notre alambic charentais cet hiver. Une autre partie deviendra HoméoJuices, notre jus de raisin pétillant, où l'équilibre sucre-acidité mesuré aujourd'hui se boit directement. C'est pour cela que le contrôle de maturité n'est pas une formalité. C'est un outil de mesure que nous utilisons pour l'organisation du chantier de vendanges, et elle se fait avant la cueillette, pas après, pour orchestrer au mieux nos récoltes, nos pressées et nos vinifications.

Pour comprendre comment nous accompagnons la vigne toute l'année, lisez notre article sur l'homéopathie végétale, et pour l'épisode précédent de ce journal, l'été à Genté : floraison et nouaison. Flavie et Virgile vous accueillent au domaine, et les HoméoJuices sont sur la boutique.

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